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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 22:28

Burzum est un extrémiste, un monstre, un démon même, mais voilà Burzum est aussi un génie.

 

On ne peut réhabiliter un homme aux crimes impardonnables. Electronic Diary condamne bien entendu les faits qui lui sont reprochés (invitation à la haine raciale, meurtre, incendies d'église...) Cependant le moment est venu pour nous de vous parler de cet enragé de la musique.  

 

Burzum_by_pavelsedov.jpg

 

Suspecté de préparer un attentat de grande envergure, Varg Vikernes était il y a encore peu à la une de l'actualité française. Le norvégien était le coupable idéal. Un prétexte parfait pour notre ministre de l'intérieur d'occuper le terrain médiatique, et pour nos journalistes de manifester leur incroyable ignorance à l'égard d'une culture qu'ils ne connaissent et ne comprennent pas. Quoi de mieux pour vendre du papier que d'attiser les haines en défigurant une musique et en raillant mouvement ? La suffisance n'a pas de limite, la connerie non plus : «les cons çà osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît».

 

Épuisés par toutes sortes de conventions, nourris par la haine du christianisme, les enfants réprouvés de la sociale démocratie norvégienne fondèrent au début des années 80 un mouvement plus violent encore que le darkmetal : le black metal. Une musique sombre, extrême, dangereuse, mais terriblement innovante. Vikernes fait parti de ces pionniers, instigateurs d'un bouleversement dans le monde de la musique. Burzum est à la musique ce que Céline est à la littérature, un être infâme qui doit son salut uniquement à un talent extraordinaire.

 

La musique du norvégien va rapidement bousculer les dogmes de la scène. Burzum est à contre courant. Il privilégie la lenteur à la célérité, la profondeur à la grandiloquence néoclassique traditionnelle du métal. S'ensuit, une musique plus intense. Les riffs se font d'avantage minimalistes, le son plus brut. Un art tout en progression axé autour d'une harmonie simple qui s’enrichit continuellement de nappes successives de claviers et de guitares. Le chant du norvégien s'éloigne du protocole, il devient écorché, guttural, une sorte de vocifération, appel aux armes et incarnation de l'enfer. Comme si la haine devait lui survivre.

 

Mais le black métal c'est surtout une idéologie obscure et singulière car Burzum n’utilise pas la haine du Christ comme un simple argument de vente destiné à faire croire à des ados pré puberts qu'ils sont subversifs et donc trouver une excuse à leur non intégration. C'est toujours pathétique de vomir une société à laquelle on a renoncé. Les provocations à l'égard du christianisme de la scène métal ont désormais perdu de leur second degré, de leur magie. Elles sont devenues une philosophie malsaine, putride, qu'il faut appliquer pour réveiller une nation scandinave engourdi par des années de progressisme. Une revanche contre le christianisme accusé d'avoir miné le paganisme et la culture viking qui selon Vikernes aurait fait la grandeur de son peuple. Cette aversion sans nom pour la société moderne va lentement le transformer en démon et l'amener à l’inconcevable : brûler des églises, tuer Euronymous (guitariste de Mayhem), défendre Hitler... Mais pourtant c'est cette haine qui rend la musique de Burzum incomparable. Parce que cette haine est sincère et la musique doit la retranscrire avec toute la conviction et la fureur qu'elle génère. Un son brut inspiré par les ténèbres mais lumineux.

 

Jusqu'à ce que la lumière nous reprenne.

 

 

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 20:11

fabric-69-sandwell-district-590.jpg

 

 

 

Genre : Techno

Sortie : Avril 2013

Label: Fabric

 

Sandwell District, légende de la Dub techno, reste avant tout l'union parfaite de deux monstres sacrés de l'univers : Regis et Function. Depuis 2002, ces deux artistes sont devenus les étendards du renouveau de la scène. Ils signent aujourd'hui leur dernière sortie avec la compilation Fabric 69. Une dernière merveille, ultime prodige pour nos oreilles, déclaration d'amour émérite pour une musique électronique glorifiée par ses deux vétérans.

 

 

Une compilation mixée de chez Fabric est toujours un prétexte légitime pour évoquer l'essence de l'exercice. Un mix c'est avant tout une histoire, avec son amorce, ses rebondissements et sa chute finale. Un récit qui s'écrit au présent en tirant parti d’éléments passés. Une fable qui se dévoile lentement, progressivement pour nous laisser en apprécier les détails. Une œuvre d'art a besoin de temps pour se laisser apprécier à sa juste valeur. Et c'est en respectant toutes ces règles que Sandwell District nous en dévoilera l'ardeur.

 

 

En suivant à la lettre le protocole, Fabric 69 devient un périple romanesque pour l'auditeur qui n'en ressortira que grandi. 10 copieuses minutes de longues et sereines plages d'electronica conditionnent dans un premier temps l'assistance. Spectacle indispensable, pour vous préparer à la scène macabre qui s’abattra inexorablement. Les kicks résonnent, les basses grondent, le paysage prend forme. La violence s’abat enfin. Sandwell District est à l'apogée de son art. L'art n'est pas nécessairement de traduire la beauté, mais quand une violence obscure devient véhémente on ne peux qu’éprouver, ici, une certaine forme de fascination. Une fascination qui devient aliénation, et qui pousse à la contemplation. La psychose guette. Les paysages macabres de Fabric 69 s’enchaînent et se superposent. Nul doute à l'horizon le répit n'est pas pour tout de suite. Il faut encore du courage pour affronter la suite.

 

 

L'ardeur de la musique atteint son paroxysme, Sandwell district ne peut que continuer à nous émerveiller. Et pourtant, tout voyage aussi hypnotique soit-il a une fin. Sandwell districk pose une dernière merveille avec le Voiceprint de Function. Le mix ce finit, sans ombre à son tableau. Des flashbacks surviendrons surement pour nous rappeler la violence de ce périple. Peut être sommes nous déjà en manque...

 

 

Réussite totale donc pour nos deux compères qui en s'associant une nouvelle fois sous le projet Sandwell District nous montrent que la techno n'a rien perdu de son éclat. À écouter de préférence la nuit, avec un volume élevé, pour profiter de la violence des kicks.

 

Kartela

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 18:06

http://www.seeksicksound.com/wp-content/uploads/2013/04/Ludovico-Einaudi-In-A-Timelapse-Seeksicksound-Review-300x300.jpg

Label: Decca

Date de sortie: février 2013

Genre: Classical/Modern Classical 

 

Avis au public d’Intouchable, cette chronique est pour toi, vil membre de la masse. Mais aussi pour les autres, ceux qui sont là pour la musique, car oui, Ludovico Einaudi produit bien de la musique et pas n’importe laquelle. Disciple de nombre de producteurs minimalistes qui ont su faire évoluer la musique vers des genres hybrides, égarés à mi-chemin entre expérimentations géniales et parfois fumisteries faussement abscondes, Ludovico Einaudi, lui est resté simple, ce qui lui a valu des critiques plus ou moins positives. Max Richter, Arvo Part, Philip Glass, John Cage, voir Olivier Messiaen : voilà une liste de noms qui fera frémir certains tandis qu'elle ne fera ni chaud ni froid à d’autres, mais dans laquelle l'italien aurait pu facilement s'inscrire. Seulement voilà, il a pris un chemin différent, plus « mainstream » qui lui empêchera peut-être de rester dans les mémoires des plus fiers d'entre nous. Mais si tel était le cas cela resterait foncièrement une injustice, tant cet homme au visage buriné par les années mérite cette postérité. Quoi que d’une certaine manière il l’a déjà, avec des dizaines de milliers de copies vendues dans le monde. Mais être reconnu par ses pairs, c’est une toute autre histoire. Peut-être que d’une certaine manière la première étape de la reconnaissance est le rejet. Allez savoir, personne ne peut savoir de quoi est fait le lendemain.

 

Après une poignée d’albums et de bandes originales déjà très diffusés, c’est surtout avec l’OST d’Intouchable que le producteur s’installera définitivement dans tous les disquaires de l’hexagone. Escroquerie pour certains ou succès mérité pour d’autres, Einaudi suscite des réactions pour le moins ambivalentes et son dernier album en date, In A Time Lapse, ne dérogera pas à la règle. Sorti cet hiver sur Decca, l'homme a composé cette nouvelle fresque à propos du temps dans un monastère aux alentours de Vérone, cloitré avec un orchestre rien que pour lui et avec l’aide d’un invité de marque, le violoniste Daniel Hope.

 

 

Voici donc un concept album, peu original au premier abord, si ce n’est que cette fois-ci l’artiste ne s’intéresse nullement à figer le temps, mais plutôt à le faire se souvenir. On dit communément qu’avant d’expirer, une personne voit défiler sa vie, ses échecs, ses réussites, voir même des souvenirs perdus ressurgissant une dernière fois. L’artiste a tenté de recréer tout cela, avec tout le lyrisme qu’on aurait pu attendre d’un italien. Après tout, ne dit-on pas que les méditerranéens ont l’art de mettre à nu leurs sentiments?  In A Time Lapse n’est pas seulement la continuation logique de sa carrière, il est comme un point d’orgue, d’une importance cruciale, un point final qui ne s’arrêtera que lorsque le composeur l’en aura décidé.

 

Et pour cela quoi de mieux que Corale comme entrée en scène avec les violoncelles et violons épanchant leurs longues notes nostalgiques d’un temps révolu. C’est lisse certes, mais déjà terriblement efficace. Une pointe de mélancolie émerge déjà de ces quelques notes enveloppées d’une légère couche électronique comme sur Time Lapse, ballade au piano épaulée par quelques légères incursions à la guitare. C’est incroyablement simple mais si efficace : c'est le minimalisme dans toute sa splendeur. Et cette intensité perdurera tout le long de l’album; est sans doute cela ce qui lui confère un tel degré d’attachement. On peut écouter cela d’une oreille distraite sans aucun problème. Mais la vraie surprise vient lorsqu’on écoute cela très attentivement avec un volume conséquent. Alors les envolées des instruments à cordes ne nous sembleront plus niaises mais magistrales, comme sur Life, Run. L’utilisation du Glockenspiel était légèrement attendue, mais n’efface en rien à la qualité des morceaux. Repris notamment sur Orbits ou Newton’s Cradle le véritable joyau électronique, c’est aussi le pilier expérimentale de cet œuvre. On savait Ludovico expert en sonorité mais un travail de cet acabit tiens plutôt de la précision d’un orfèvre ou d’un horloger.

 

On notera quelques temps mort cependant dans cet albums, légèrement sur Two Trees aux accents « Debusséen » (Clair De Lune en ligne de mire), mais surtout sur Discovery At Night, vraiment léger pour du minimalisme. C’est profond, cela vient du cœur, on le sent, mais un peu téléphoné. Quoi qu’il en soit ces moments fugaces nous rappellent bien que c’est un Homme avec une grand H qui a imaginé tout cela. En effet, la fin de l’album semble presque irréelle, l’enchainement Experience-Underwood-Burning est l’une des plus belles choses qui nous ait été donné d’entendre depuis longtemps. Elle est là, la transcendance que l’on attendait tant, elle arrive enfin et nous arrache du commun des mortels. Si vous n’avez pas été convaincu par Experience et son frêle tambourin sublime le morceau lorsqu’il entouré de la myriade de violons et du piano s’accordant à l’unisson, c'est que vous n'avez pas d'âme. Les spirales mélodiques ascendantes nous transportent hors de notre torpeur quotidienne. Ce morceau, c’est la mélancolie, c’est le bonheur d’être triste selon Hugo. Point d’autres mots pour décrire ceci. On touche ici à l'absolu et au magistral. Daniel Hope vient de nous accompagner vers la toute fin, la catharsis tant attendue s’opère enfin, plus aucune résistante ne peut être opposé au violon Guarneri (équivalent d’un stradivarius). Burning vient conclure cet album en apothéose. Ca y est, le phénix vient de se consumer, il renaîtra un de ses jours de ces cendres, pour une nouvelle fois étinceler de mille feux.

 

 

On sent peut-être une certaine forme de conclusion avec cet album. Ludovico nous a tout dit et tout dévoilé. Un condensé de toute une vie se tient alors dans nos oreilles. Cet album ne fera pas l’unanimité au sein de la communauté post néo-classique et c’est bien dommage, car cet héritage que vient de nous transmettre ce piémontais pourrait bien rester pendant longtemps gravé dans nos mémoires. Nul doute que l’on a affaire ici à l’un des meilleurs albums de l’année (cette fois-ci ce n’est pas une plaisanterie), les mauvaises langues n’auront qu’à aller cracher leur frustration plus loin. S’ils n’ont pas succombé aux charmes d’Expérience, il est clair que nous ne pouvons plus rien pour eux.

 

 

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 17:13

kraftwerk2.png

 

 

 

Kraftwerk est aujourd'hui un nom qui appartient à la légende. Un mythe musical à lui seul qui n'aura de cesse durant toute sa carrière d'établir les fondations d'une nouvelle vague musicale : la musique électronique. D'ailleurs, Derrick May expliquera bien des années plus tard que la techno est née tout simplement de la rencontre entre George Clinton et Kraftwerk dans un ascenseur. Établi à Krautrock, ce groupe allemand a été fondé dans les années 70 par deux étudiants en musicologie: Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter. La sortie en 1970 de leur cinquième album «Radio-Activity» leur assurera un succès mondial.

 

Si des personnages hardis font l'Histoire, c'est alors à des artistes réfractaires de faire l'histoire de la musique. Kraftwerk appartient clairement à ces groupes audacieux et déterminés qui ne se contentent pas de faire de la musique, mais de réinventer en permanence cette dernière avec une soif insatiable. Le génie de ces 4 musiciens allemands tient donc dans une logique simple: abandonner les instruments traditionnels pour construire une musique nouvelle à l'aide de machines. De ce protocole si particulier surgit une musique nouvelle, étonnante d’originalité et de grandeur. L'art synthétique moderne peut enfin prendre son envole !

 

De même que les livres d'Isaac Asimov, la musique de Kraftwerk nous invite à nous interroger sur le devenir de notre monde dans lequel la technologie prend une place prépondérante.

Sommes nous les victimes de notre propre appétence de modernité ?

A cette interrogation si légitime, la musique de ces génies nous révèle que non. Non, nous restons toujours souverain de notre propre existence. Et non nous continuons toujours à être les régents de nos inventions. Avec Kraftwerk, nous les consacrons même à des fins justes : traduire les maux de l'humanité par la musique. Ici d'ailleurs, l'esprit de cet art singulier est justement d'exprimer le propre de l'homme, la sensibilité, par un langage binaire aussi bien musical que technologique. Insuffler un vent de répétition, un souffle d'arpèges et une légère brise harmonique pour créer une envolé musicale à la fois rationnelle et mathématique, mais non moins émotive. Avec l'algèbre, La musique du groupe recherche l'universalité pour former un dialecte compréhensible par nos cultures disparates.

 

L'espace n'est plus qu'un terrain de jeu pour Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter se réclamant d'une Europe sans frontières, unifiée autour d'une société commune. Trans europe express peut maintenant être la figure de proue d'une nouvelle famille européenne apatride, hanté par les mémoire d'une guerre inqualifiable. Par conséquent, la musique kraftwerkienne transcende et fusionne cette région en manque de repère qui contemple désormais, honteuse, sa splendeur passée de l'autre coté de l'océan vers une Amérique hégémonique qui n'aura de cesse de l'humilier.

 

Les productions de ces quatre ingénieurs n'en restent pas moins sombres. L'influence des paysages urbains bavarois se fait ressentir. Ainsi, le panorama de ces villes homogènes conduit Kraftwerk a dessiner les contours d'une musique austère, résolument avant gardiste et répétitive. Pour traduire ce sinistre horizon citadin, ces germains ne tergiversent pas. Ils utilisent principalement la brutalité naturelle de la langue de Goethe. Cet emprise de la modernité métropolitaine se retrouvera d'ailleurs dans le caractère visuel du groupe, genèse d'un attrait naissant pour le charme urbain qui gagnera peu de temps après le «Street Art».

 

Kartela 

 

 

 

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 21:38

atom

 

Label : Raster-Noton 

Date de sortie : Mars 2013

Genre : Sound Design 

 

 

La réputation du solitaire Uwe Schmidt, le seul et l'unique homme se tenant derrière l’alias Atom™, n’est plus à faire. Avec plus de 200 releases portant le nom de l’un de ses multiples pseudonymes (dont Atom Heart, Señor Coconut et une bonne cinquantaine d'autres) parus depuis 1990, la carrière d’Uwe est donc étonnamment longue et prolifique pour un producteur de musiques électroniques. Il publiait ses maxis sur son propre label, Rather Interesting, alors même que certains d’entre nous tétaient encore le biberon. Une discographie vaste dans des genres différents, du jazz avant-gardiste, à de l’easy listening, en passant par de la pop latino et la « pop artificielle kraftwerkienne ». D’ici quelques mois il aura sans doute encore sorti plusieurs albums mais qu’importe… Sorti aujourd'hui sur le sérieux Raster-Noton qui n’a jamais déçu son public, HD ne fait que conforter l’idée que l’on se faisait déjà du label. Le nom de l'album n’est pas anodin : composé de deux lettres abondamment utilisées dans ce monde où les produits à hautes technologies sont prisés par tous, c’est sans doute le symbole de notre société de consommation. Mais nous y reviendrons plus tard.

 

 

HD, a eu une genèse longue et mouvementée. En effet, les premiers enregistrements ont été effectués en 2005 et le nom de l’album était à l'époque Hard Disc Rock. Mais, suites aux modifications apportées aux titres et à la tracklisting au fil du temps, le projet a quasiment complètement changé de tournure. Entre temps, plusieurs long formats d’Atom™ sont sortis sur Raster Noton : Liedgut, dans un genre proto-techno légèrement « popisé » et assez expérimentale ou encore l’abscon mais délicat Winterreise, entre easy-listening et néoclassique. Avec ce nouveau long format, Uwe Schmidt revient sur une ligne de production faisant à nouveau référence au célèbre quatuor allemand, Kraftwerk, bien qu’il ait apporté d’importantes modifications pour amener plus de dynamisme.

 

Information importante afin de comprendre ce disque : Atom™ a fait un travail introspectif sur ce qu’il était en dehors des codes sociaux et de sa nationalité afin de n’être aucunement influencé dans son travail. Et cela se sent dès le départ sur « Pop HD » qui, malgré ses ressemblances avec ces groupes synth-pop des années 80, n’a rien à voir finalement avec ces derniers. Les origines allemandes ainsi que les influences latino venant de la demeure de Sao Polo d’Uwe ne se font pas pas ressentir. C’est froid, c’est inhumain et c’est diablement précis. La voix française de Jean-Charles Vandermynsbrugge est brute, à mi-chemin entre échantillon synthétique et discours humain. Les rythmiques sont, comme à l’accoutumé sur Raster-Noton, d’une précision chirurgicale voire même plus. On atteint ici, notamment sur Strom ouu Empty, un certain paroxysme dans la précision et l’agencement du son, cette compulsion terriblement humaine de vouloir tout à mettre à sa place avec une perfection méthodique et machinale. L’aspect krafwerkien n’est peut-être ici qu’une façade. Il est difficile de savoir si Uwe tourne en dérision cet élément bien que cela constitue la base de cet album. Peut-être faut-il le rappeler, le groupe mythique était à ses débuts une formation rock et son évolution vers ce qui constituera le socle des musiques pop et électronique a fait couler beaucoup d’encre. Ils étaient et sont encore considérés comme le symbole de ce mouvement, synonyme de « la mort des vrais compositeurs ». Alors que faut-il en conclure ? Uwe révère-t-il ces figures emblématiques ou les haït-il pour ce qu’elles ont causé ? Quoi qu'il en soit, il ne faut pas en douter : l’appauvrissement de la musique du 21e siècle est ici totalement dénoncé, surtout sur Stop (Impérialist Pop), critique clairement explicite avec des paroles vocodé du genre « Sonic invasion, from nation to nation » ou encore « Corporate Sound, In dolby surround ». Ici, il est assez incroyable d’avoir une telle richesse sonore  avec si peu d’éléments.

 

C’est frais, c’est léger sur I Love U (Like I Love My Drum Machine) et l'allure du titre montre bien qu’on oscille entre sérieux et dérision. Tout ceci est déroutant mais paradoxalement, très efficace. The sound Of Decay est peut-être l’exemple le plus marquant, en faisant référence aux groupes hard rock des 30 dernières années avec une basse numérisée et grasse comme il faut et la voix suave de Jorge Gonzales, le tout enveloppé dans des éléments tout à fait modernes. On y voit peut-être l'ombre d’un « robot rock » ou quelque chose du genre, bien que la production d’Uwe, l’homme-machine, soit bien plus luxuriante. Riding The Void est très certainement la chanson du « loveur » du 4e millénaire, tandis que My Generation est l’appel à l’aide d’une adolescence matraquée à coup de Justin Bieber ou de Carly Rae Jepsen, la génération qui croit à l’existence de vampires romantiques et dont pour eux, la date limite d’existence d’un couple est d’une semaine (maximum). Mais comme nous, Atom™ semble aussi complètement désolé, car il ne pourra sauver cette génération perdue dans les affres des réseaux sociaux. Comme le dirait très bien un certain Hal 9000 : « I’m Sorry Dave, I’m afraid I can’t do that. » Référence peu fortuite, puisque Ich bin meine Machine, dernier morceau de l’album, montre la transformation irréversible de l’homme en machine. Cette métamorphose sublime est, semble-t-il, un présage d’une humanité déshumanisée qui ne fait plus attention à son prochain. La machine sera probablement le dernier réceptacle de l’homme prêt à tout pour devenir immortel. Qui sait, peut-être un jour notre âme finira dans une boîte de conserve.

 

 

HD est décidément un album bien troublant en étant si insidieux et si persuasif. On a, à première vue, affaire à une production légère faisant volontairement référence à la synth-pop artificielle par nature. Mais que nenni, toute cette façade est illusoire et s’écroule rapidement pour l'auditeur averti. Ce n’est pas de la techno au sens strict du terme, ni vraiment de la pop édulcorée. Alors qu’est donc ce caméléon ? Une ode à la machine peut-être, quoi que… Atom™ vient donc de produire un album tout à fait universaliste mais qui ne fera malheureusement pas plaisir à tout le monde. Les paradoxes et antithèses foisonnent, donnant à cette musique synthétique plusieurs niveaux de lecture. Un must-have, assurément.

 

Raphael Lenoir 

 

 

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 17:10

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Date de sortie : Mars 2013

Genre : Neoclassique

Label : Denovali

 

 

         

Field Rotation est le projet du musicien allemand Christoph Berg depuis 2008. Cela fait aujourd'hui 5 ans déjà que l'artiste nous inonde de sa musique envoûtante portée par son esthétique si particulière. Il revient aujourd'hui avec son troisième album The Repetition Of History dans la continuité des précédents comme en témoigne son titre.

   

The Repetition Of History s'inscrit parfaitement dans un registre néoclassique fusionné entre l'influence classique d'un Aaron Copland contrasté par l’atmosphère moderne de la nouvelle vague. De cette union naît une nouvelle matière, essence de la musique de Christoph Berg. L'allemand excelle dans cette association entre l'ancien et le nouveau, entre l'usé et l'inusité. Il combine miraculeusement le style classique avec la lenteur caractéristique du drone. Apparaît alors une musique rare de singularité illustrant merveilleusement la mélancolie propre à la condition humaine de regarder atone le temps passer. Dans cette peinture musicale, tout est là, à sa place pour laisser votre âme vous abandonner à ce voyage dont vos sens seront l'objet étudié.

     

Tributaire, la musique vous hante, vous obsède pour enfin finir par vous dévorer par ces quelques notes sagement parsemées. Diabolique est la créature animée par Christoph Berg. Cette expédition sensorielle vous amènera à contempler ces contrées glaciales et immaculées que seule la musique peut vous laisser imaginer. Dans ce voyage au bout de la nuit, vous rencontrerez une dame avec laquelle, désabusé, vous engagerez la Valse Fatale sereinement orchestrée par la voix passionnée de Mari Solaris. C'est après cette initiation glacée et romantique que vous vous trouverez enfin apte à traverser la scène apocalyptique de Fatalist.

     

Maintenant que votre esprit est obsédé, vous devenez enrôlé à poursuivre cette fresque romanesque. La suite est inévitable. Votre âme hantée va s'enfoncer dans les ténèbres. Aliéné par les fracas assourdissants de ces violons tumultueux, vous ne pourrez que contempler froidement l'étendue de la scène macabre qui s'offre à vous. Devant la violence dantesque de ce tableau étrangé à tout entendement vous ne pourrez que constater votre propre passivité. Vous n'êtes plus qu'un esclave drogué à ces répétitions cycliques de cette musique sombre, de cet enfer mélancolique. 

L'indolence est absurde. Avouez le, votre raison est condamnée !

      

The Repetition Of History marque le retour triomphal de Field Rotation. Il nous livre ici, un album sans compromis et en dehors de toute convention. Dotée d'un romantisme rare et profond, la musique de Christoph Berg égayera vos nuits.

 

Kartela

 

 

 

 

 

 

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 11:55

jeff-mills-2.jpg

 

 

Jeff Mills est sûrement l'un des artistes les plus actifs de la seconde vague de Detroit. Il est le fondateur avec Mad Mike du label Underground Resistance. Aussi surnommé The Wizard il est surtout connu pour avoir été le premier DJ à avoir mixé avec 3 disques sur 3 platines en continue lors de ces sets légendaires. Jeff Mills est aujourd'hui devenu une légende, une entité propre dont tout DJ qui se respecte revendique l'influence. Il y a des artistes sans lesquels on ne pourrait imaginer le développement de la techno, Jeff Mills en fait partie !

 

21h, le concert commence ! A ma grande surprise Jeff Mills tout en sobriété se place sur le coté de la scène pour que les spectateurs se concentrent uniquement sur l'objet visuel. L'intro est hypnotique, un mélange entre une electronica cosmique et des textures dub plus voilées et profondes. Il faudra attendre une dizaine de minutes pour entendre le premier kick. La magie se met en place doucement ! Le concept du cinemix est étonnant mais évidemment assez cohérent à la musique du maître qui s'est toujours voulu d'un autre monde. A la manière des pianistes du XIXème siècle jouant et improvisant autour d'un film muet, Jeff Mills construit son mix autour de la pellicule. La musique correspond parfaitement à la video. Devant des images psychédéliques s'amoncelant avec force Jeff Mills pose une Techno Dub et spatiale étonnante d'originalité une sorte de mélange entre Xhin, Ben klock et Tim Hecker. Il est 23h, la force des kick est toujours ascendante, la légende de Detroit sait parfaitement comment tenir en haleine son publique. La puissance des basses augmentera parallèlement au tempo durant toute les 3 heures du show. En outre Jeff Mills fait preuve d'une prouesse technique irréprochable (il ne quittera jamais son casque de la soirée) au moins deux musiques se superposent continuellement, il livre au publique des transitions originales dont il a le secret. Le spectacle dont je suis devenue l'esclave se poursuit toujours avec la même intensité. A 00h les kicks disparaissent pour laisser place à des nappes aériennes qui viennent sonner la fin de l'expérience. Le public reste sous le charme mais hypnotisé par la scène dont il fut le témoin intime. Jeff Mills fait preuve d'une modestie et d'une servitude incroyable et redonne pour plus de 20 min l'opium de son public: sa techno fédératrice au cours d'un rappel tout en passion. A 00h20 le chef d’œuvre de «The Bells» s'achève, l'artiste quitte la scène sous les acclamations d'un publique conquis.

 

Jeff Mills pendant toute la soirée nous aura une nouvelle fois fait preuve de son immense talent à lier les arts pour les sublimer. Sa techno nous aura encore ébloui de sa puissance et de sa force émotionnelle.

 

kartela

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 23:10

http://www.seeksicksound.com/wp-content/uploads/2013/02/R-4250324-1359724211-7980.jpeg

Label: Mute

Date de sortie: février 2012

Genre: Classical/Letfield/Noise

 

Cet album est à l’image de son maître : insaisissable. Officiant à Berlin, Apparat est reconnu comme étant l’un des producteurs d’IDM les plus influents des les années 2000 grâce à des albums comme Multifunktionsebene, Tritial And Error ou encore Duplex, considérés comme des modèles du genre encore aujourd’hui. Co-fondateur du label Shitkatapult en compagnie de T.Raumschmiere, Sascha Ring s’est notamment associé avec Modeselektor pour créer le groupe Moderat (qui sortira d’ailleurs un album en août).

 

Mais sa carrière solo a changé progressivement de registre puisqu’il s’est désintéressé de l’IDM, et s’est tourné vers une musique plus pop notamment sur Walls, loin des expérimentations des albums précédents. Il abandonne presque définitivement le genre sur The Devils Walk, dans lequel il prête sa voix à de nombreuses reprises. Paradoxalement (ou pas) tandis que les fans de la première heure désapprouvent plus ou moins les nouveaux choix stylistiques de Sasha, sa popularité atteint des sommets après cette sortie. Au point d’être demandé par des artistes provenant de divers horizons dont Sebastian Hartmann, metteur en scène très connu en Allemagne, sans qui Krieg Und Frieden n’aurait jamais vu le jour.

 

Krieg und Frieden (« La Guerre et la Paix »), écrit par Leon Tolstoï est considéré par beaucoup comme un des classiques de la littérature. Publié durant la deuxième moitié du 19e siècle, l’intrigue de cette œuvre de plus de 1500 pages se situe en Russie durant les conquêtes napoléoniennes. Repris notamment par Serge Prokofief qui en fit un opéra, c’est à Apparat que le flambeau fut tendu, puisqu’il accepta la proposition de composer quelques morceaux pour la pièce de théâtre mise en scène par Hartmann. L’ennui c’est que Hartmann ne proposa aucun script définitif dont Sasha peut s’inspirer. C’est lors d’un voyage en Thaïlande que le compositeur allemand dû alors lire ce titan de la littérature russe afin d’être prêt à jouer sur la scène durant les représentations du festival Ruhrfestspiele à Recklinghausen. Mais à cette époque, aucune sortie physique n’était prévue et Krieg und Friden semblait alors être un projet sans lendemain. C’était sans compter la volonté de Sascha d'enregistrer ces morceaux en compagnie de Phillip Timm, le violoncelliste du groupe et Chrisoph Hartmann le violoniste, donnant ainsi vie à cet album.

 

 

L’album démarre sur 44, douce pièce de chambre aux cordes fragiles, sèches et terriblement romantiques à l’opposé de ce que va être la « noise version » mais qui va pourtant agir comme son prolongement. Et là, quel claque mes chers amis ! Ce morceau à lui tout seul vaut le détour, et nous plonge dans l’incrédulité la plus totale. Les cordes s’estompent et ne deviennent plus qu’un écho lointain, littéralement perdues dans cet univers balloté par les éléments. Les bourrasques soniques nous arrachent à la terre ferme, et nous transportent par-delà le réel. Les couches de bruit se superposent, les saturations prennent forme et nuancent la désolation qui traverse tout le morceau. On croit apercevoir un champ de bataille d’un autre temps : des tas de cadavres jonchent le sol, inanimés, morts pour beaucoup d’entre eux, nourrissant la terre de leur sang. Pas âme qui vive, pas de mouvement, juste nous admirant ces corps décharnés, ces cadavres exquis. « Les mouches bourdonnaient sur ces ventres putrides, d'où sortaient de noirs bataillons de larves, qui coulaient comme un épais liquide le long de ces vivants haillons. » Ces vers de Baudelaire illustrent parfaitement la situation, mis à part le fait qu’il n’y ait pas de soleil étincelant à cet endroit. Ni de nuages d’ailleurs. Nous sommes comme baignés dans un halo de lumière dont la source est indiscernable, presque irréelle.

 

Que se passe-t-il ? Où sommes-nous ? Que signifie ce carnage ? Mais personne n’entend, et le voyage continue tandis que la mort a pris sa pièce.

 

Sur « Light On » intervient désormais la voix de Sasha. Peut-être aurons enfin des réponses à nos questions ? Mais sa voix profonde et intimiste en suscite finalement d’autres, plus troublantes encore. Entouré par quelques accords au synthé, par des bruits électroniques puis par une guitare malade bloquée sur la même corde, l’atmosphère est sinistre voire malsaine. Sascha a fait d’énorme progrès dans la spatialisation du son : ses bugs électroniques alimentés par des fields recordings improbables s’additionnent au chant de l’allemand pour former des ambiances indéchiffrables. Vient ensuite Tod qui est du même acabit que « 44 (Noise Version) » : nous revoilà sur le champ de bataille, mais avant que le carnage n’ait commencé toutefois. Les tambours rugissent, les soldats sont en rangs, parés pour un nouveau combat. Mais « Blanc Page » et son trombone onirique nous sauve de cette boucherie héroïque et nous ramène sur les terres russes, vierges de l’Homme. Nous voici seuls, très certainement dans la taïga, entourés par toutes sortes de bêtes. Vêtus tout de blanc, les sapins peinent à nous cacher de ces yeux féroces. Tout n’est que neige et glace. Les vibrations rugueuses sur PV ainsi que le trombone sont prêts à déchirer la glace, lors de la 2e partie de ce morceaux. Et quand l’onirisme atteint son paroxysme, la glace est enfin brisée, les glaciers de l’Oural sont disloqués. La violence de la batterie et du trombone essayent alors maintenant de nous arracher les tripes.

 

Ils n’en auront cependant pas le temps, « K&F Thema (Pizzicato) » nous sauvant des griffes de ceux-ci. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes épargnés pour autant. C'est notre cœur qui se voit touché devant cette poésie magistralement orchestrée entre des cordes et des pianos lipides. La transitions avec K&F Thema est douce, pleine de mélancolie et de regrets. Les rouages d’une horloge se mettent en branle, signe du temps qui passe, puis laissent place à un métallophone simple, il est vrai, mais qui, lorsqu’il est rejoint par les cordes, est très efficace. Apparat ne ménage pas l’auditeur en l'emmenant là ou il ne s'y attend pas. La fin abrupte de ce morceau, alors qu'on imaginait une fin douce et limpide, en est le plus fidèle exemple. C'est ainsi que les faibles battements de percussions viennent interrompre brutalement notre voyage dans ces plaines immaculées.

 

C’est à « Austerlitz », lieu marque le l’apogée de l’ère napoléonienne, que va se jouer le dénouement de la bataille. Des nappes industrielles font leurs apparitions, alors que les machines à vapeurs sont encore à leurs balbutiements. Faut-il voir là un prélude à la révolution industrielle qui va se produire durant ce 19e siècle ?

 

Qu'importe. Les cordes et le piano sont toujours aussi imparables et dotés d’un lyrisme pur. La batterie semble à ce moment clore le spectacle et donner une fin à cette épopée mais « A Violent Sky » nous rappelle qu’une histoire n’a jamais vraiment de fin et qu'il y aura toujours quelqu’un pour poursuivre ce que nous avions commencé. La voix d’Apparat intervient une dernière fois, les pianos lancent leurs dernières notes, les loups hurlent à la mort encore une fois. Jusqu’à ce quelqu’un se décide de reprendre le tracé pris par l’allemand et ainsi d'apporter sa pierre à l’édifice dont la construction a débuté il y a 150 ans de cela grâce à Tolstoï. Mais en attendant....

 

 

Sascha Ring nous livre ici un album stratosphérique presqu’au-delà de nos espérances. En choisissant de composer pour une pièce de  théâtre, il a dû s’adapter à la voie néoclassique indispensable pour rendre justice à Tolstoï. Ses productions lors de l’enregistrement au studio ont alors muées et se sont dotées d’ailes pour voler. Ces petits détails électroniques insignifiants, ces gimmicks lointains aux premiers abords sont l’essence même de la beauté de cet album. Pari gagnant pour un artiste qui aura prouvé encore une fois d’un savoir-faire hors norme alors qu’il n’a que 34 ans. Krieg und Frieden n’est pas l’odyssée du Comte Piotr Bézoukhov, mais la vôtre. Lorsque vous aurez compris cela vous ne pourrez plus vous passer de cet album. A bon entendeur.

 

 

Chronique initialement publié sur Seeksicksound

Raphaël Lenoir

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 12:35

Couverture

 

Déjà une année passée avec vous, le blog commence à se faire bien connaître, nous vous en remercions ! 

 

Pour vous souhaiter une heureuse année 2013 qui s'annonce musicalement alléchante, Raphael et moi avons mixé en back to back un set géant de 2h30 reprenant le meilleur de l'année passée.

 

N'hésitez pas a partager le mix ! 

(Disponible aussi sur itunes: )

Tracklist: 
Shifted -Disconnected 
Lachriz - Silmore Siberia 
Tommy Four Seven - Arx 
Emmanuel - Patina (Jonas Kopp Deep Remix) 
Seph - Reflejo 
Pfirter & Grindvik - Untitled 1 (Skudge Remix) 
Quell - The Death Of Frederick V 
Funk D'Void - Masque 
Verge - Simple As Thing (Ian O Donovan Remix)

Darkside - A1 
Ursprung - Exodus Now 
Sascha Funke - Mango 
Christian Loffler - Eleven 
Guy Gerber - The Golden Sun And The Silver Moon 
Fort Romeau - Jack Rollin 
John Talabot - Depak Ine 
John Roberts - Crushing Shells 
Moomin - Beautiful as You Are 
Francis Harris - Pensum (Vinyl Edit) 
Gui Boratto - No Turning Back (Robags Likkalize Love Remix) 
Francesco Tristano - The melody (Carl Craig C2 remix) 
John Jastszebski - Tea Break 
Uner - Love in the rope (Mendo Remix) 
Recloose - Cardiology (Isolee Mix) 
Theo Parrish - Never Let U Go

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 12:36

http://www.seeksicksound.com/wp-content/uploads/2013/01/Bvdub-All-Is-Forgiven-Seeksicksound-Review-300x300.jpg

Label: n5MD

Date de Sortie: Novembre 2012

Genre: Abstract / Ambiant

 

Avec 7 longs formats parus en 2011 et 5 en 2012, le moins que l’on puisse dire est que Broke Van Wey, a.k.a Bvdub est un artiste plutôt prolifique. Pourquoi avoir choisi dans ce cas de chroniquer All is Forgiven, sorti en novembre ? Sans doute parce qu’il marque un certain virage dans la carrière de l’artiste, tout simplement. Sortie sur n5MD, cette dernière release, en attendant encore 2 autres albums qui paraîtront courant janvier et qui viendront rejoindre sa discographie pléthorique, est marquée par des glitchs plus syncopés et plus affirmés à la limite du dub et de l’abstract. On sentait déjà les prémices de ce changement de style sur ces précédents albums, Don’t Say You Know ou Serenity. Grand adepte des nappes ambiantes, l’américain fait désormais appel à des rythmiques plus agressives mais paradoxalement tout aussi légères. Une tendance qui s’affirme avec la venue de A Careful Ecstasy sur Darla Records, dans lequel les rythmes sont encore plus prononcés. Affaire à suivre pour un artiste de grand talent.

 

La longueur des titres n’a cependant subi aucune modification lors de la réalisation de cet album par rapport aux dernières sorties, puisque ce disque est composé de 3 titres de 20 à 30 minutes chacun. Ces durées anormalement longues sont pourtant habituelles chez Bvdub, chaque titre étant une épopée qui peut s’écouter indépendamment des autres. La production est ici entièrement numérique malgré l’utilisation soutenue de pianos et d’instruments à cordes. Les voix sont aussi très présentes dans cette œuvre. Elles sont d’ailleurs principalement féminines, et bien qu’elles soient traitées en tant qu’échantillons et qu’elles n’occupent pas une place prépondérante, leurs échos éthérés rendus méconnaissables et pourtant identifiables entre mille ont un impact particulier lors de l’écoute.

 

Eblouissant, voilà le 1er adjectif qui vient à l’esprit à l’écoute de San Franciscain. Les nappes ambiantes lumineuses donnent le ton de la musique, c’est un véritable ballet qui se déroule dans nos conduits auditifs, là où les différentes strates apparaissent, s’accouplent puis disparaissent en un murmure. Ce phénomène, quand on y prête oreille, est loin d’être anarchique. Il est même extraordinairement bien structuré. Les rythmiques se mettent en place progressivement sur plusieurs minutes, et donnent à la production des reliefs sur lesquels l’auditeur peut grimper et ainsi admirer. On comprend enfin pourquoi le long format sied si bien à Broke : la boucle est ici la seule reine, et se répète inlassablement, jusqu’à l’oubli. Les secondes se transforment et la montre n’a plus d’emprise sur nous. All is Forgiven touche au paradoxe de Zénon : en une seconde il parvient à créer une infinité d’instants, neutralisant par ce fait même le temps. Faire passer le temps : telle n’est pas la vocation de cet album. Son but va bien au-delà. Ne serait-ce d’ailleurs pas la fonction première de la musique ? Celle de nous faire croire qu’elle a vaincu le temps pour nous, alors même que cette joute inexorable que nous menons contre la Nature et ses aiguilles qui tournent aboutit inéluctablement à la défaite ?

 

Cet album marque comme un goût de fin et de renouveau chez Bvdub, une telle maîtrise des rythmes et des atmosphères est chose peu commune ; les échos célestes ont tôt fait de nous subjuguer. Ainsi donc s’achève notre périple, le splendide halo de lumière s’estompant, nous redéposant impitoyablement parmi le commun des mortels.

 

Chronique initialement publiée sur Seeksicksound

 

 

 

Raphaël Lenoir

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