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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 12:18

 

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Labels: Serein et Flau

Date de sortie: automne 2012

Genre: ambiant, field recordings, folk, néoclassical...

 

Par manque de temps ou peut-être d’envie, je n’arrive plus à chroniquer convenablement tous les albums récents qui le mériteraient, c’est pourquoi je préfère désormais chroniquer deux albums en une seule fois (uniquement lorsque cela est possible c'est-à-dire lorsque deux albums sont assez proche du point de vue musical) et me permettant ainsi de ne pas me répéter inutilement sur une 2e chronique. J’espère que ce compromis n’altèrera en aucune façon votre lecture…

 

 

Le bonheur n’a jamais pu être défini dans son universalité. C’est un fait ; qui aujourd’hui peut parler de bonheur mondial alors que l’homo economicus, ce prophète égaré des temps temps nouveaux (cf. dernier ouvrage de Daniel Cohen) semble dominer le genre humain? Il ne peut par conséquent que s’appliquer à l’individu mais encore faut-il que ce dernier en soit conscient à l’instant présent et le savoure, car le bonheur est aujourd’hui rare et fragile. Chose insaisissable mais finalité de la vie humaine pour certain, ce sentiment de plénitude m’apparaît surtout dans les songes rêveur, dans ces instants de flâneries infinies, au-delà de toute approche du temps qui avance inexorablement. Se lover au fond d’un canapé, s’envelopper dans une couverture, la chaîne hifi allumée, et partir : voilà pour moi la réelle sensation de bonheur, aussi fugitif soit-il.

 

Aujourd’hui encore il est possible de trouver des œuvres qui permettent d’éveiller votre imagination et l’étendre au-delà de notre champ de conscience; musique : merveille de la nature humaine. Mais encore faut-il se donner la peine de les chercher. Douce délectation après la découverte de ces 2 aiguilles dans une botte de foin que sont Brambles de Charocal et The Language of Flower de Twigs & Yarn.

A quoi bon faire l’introduction de ces pseudonymes, puisque ici seul sa musique nous intéresse et nous touche. Dire que ses auteurs sont respectivement anglais et américains: futile. Dire que leur album sont sorti cet automne : à quoi bon ? Dire qu’ils sont paru respectivement sur Serein et sur Flau, cela par contre peut s’avérer utile si vous pensez acheter ces merveilles ou étudier de plus près les sorties de ces (très bons) labels. Mais, je le répète, seul la musique nous intéresse dans ces cas et tout particulièrement lorsqu’elle est aussi aboutie que celle-ci.

 

To Speak of Solitude, premier titre de Brambles , sonne comme une évidence tant Charocal semble être fait pour les solitaires, un disque tout aussi fait pour les jours éclairées que pour les nuits voilées où le sommeil s’échappe à notre volonté. Ainsi les premières notes de guitare et de piano volatiles ont tôt fait de nous apaiser dans notre chagrin profondément dissimulé, des plaintes ambiantes, vibrantes d’émotions ressortent de cette mélopée éthérée, s’abattent sur nous et nous foudroient de leur ampleur. Des morceaux d’un minimalisme ataraxique nous dévoilent intimement leur beauté, on retiendra particulièrement In the Androgynous Dark un morceau aux ambiances très jazzy et de haut vol, ainsi que Deep Corridor où les ténèbres impressionnantes nous envahissent et interrompent ces instants de béatitude insouciantes. Là encore le temps n’a plus de prise sur nous, il glisse, s’efface pour un moment, mais ce vil et sournois personnage réapparaît tôt ou tard et nous rappelle sans cesse qu’une pulsation en plus c’est aussi une pulsation de moins vers l’inéluctable.

 

J’ai choisi, non sans raison, d’accompagner cet album de Brambles avec celui de Twigs & Yarn puisqu’ils ils partagent de multiples points communs car The Language of Flowers, lui aussi, nous apaise dès la première seconde. Bien qu’en prenant des chemins différents, la succession de titres humbles provoquent les mêmes effets et laisse la part de silence faire son travail dans notre encéphale ; sans le savoir nous venons de découvrir un jardin secret, un Eden inattendu et surgissant enfin là sous nos yeux. Cette remarque est particulièrement vrai pour l’album de Twigs & Yarn tant on a l’impression que la guitare frêle et les faibles carillons envoient une multitude de couleurs en un très court instant : les synesthésies s’opèrent, nous voilà allongé quelque part dans la lande sur un lit de roses, de bleuets, de tulipes, de jacinthes…. Le soleil est radieux de surcroit, nous voguons parmi les nuages tandis que nos amis ou notre famille discutent autour de nous. En effet, même si à première vue rien ne le laissait paraître, The Language of Flowers est constitué d’une infinité d’éléments : les murmures des voix doucereuses ainsi que les micros glitchs offrent une fluctuation permanente des morceaux qui auraient pu sembler répétitifs. Mais ici tout coule de lui-même, d'une limpidité curieusement évidente. Un dosage délicieux entre Ametsub pour la strucuture des glitchs très variés, The Green Kingdom pour l’aspect folk minimal et The Boats pour ce côté classe empreint de quiétude.

 

Celui qui vous dirait que Charocal et The Language of Flowers sont jumeaux serait à moitié un menteur. Ils appartiennent effectivement tous deux à ces genres bâtards dont on a tant de mal à mettre une étiquette, pas si minimalistes que cela, c’est certain, et ils poursuivent a priori le même but en provoquant un état de sérénité à notre âme habituellement rongé par les larmes de nos chagrins. Cependant les méthodes divergent quelque peu : The Language of Flower est nettement plus folk alors que Charocal est clairement plus néo-classique. Toujours est-il qu’ils sont tous deux d’une élégance rare, et qu’on ne se refusera pas le plaisir de réécouter une n-ième fois ces morceaux racés.

 

 

Raphaël Lenoir

 

 

Twigs & Yarn - Static Rowing from twigsandyarn on Vimeo.

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Published by Electronic Diary - dans Ambiant
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