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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 22:49

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En préambule, je devrais tout d’abord vous signaler que je vis actuellement sur Metz et évolue dans une classe préparatoire. Pour les sorties en semaine on va dire que ce loin d’être gagné. Pourtant j’ai eu la surprise (immense, faut–il encore le souligner) d’être allé voir un pianiste que je ne connaissais a priori ni d’Adam ni d’Eve (c’est d’ailleurs bien dommage) avec une partie de ma classe et mon professeur de français, organisateur de la sortie. Je reconnais mes torts, aussi, j’aurais dû m’informer auparavant de ce fameux pianiste, mais j’entrai tel un naïf insolent dans l’Arsenal, remarquable salle de concert grâce à une acoustique finement travaillé. Mais ça aussi je ne le savais pas avant d’entrer. Je m’introduis donc dans le complexe avec un a priori plutôt négatif (quelle erreur !) car à ce moment-là je m’imagine encore un concert de musique classique  et peut-être banal. Je ne connaissais alors seulement les compositeurs qui seraient joué c’est-à dire Bach et Cage sur lesquels je ne connais encore aujourd’hui que peu de choses.

 

Jean Sébastien Bach n’est, j’espère, plus à présenter, l’Allemand le plus célèbre après Goethe (peut-être) est encore à ce jour le 2e musicien le plus joué sur la planète (le 1er ne devrait pas être trop difficile à trouver) et est le symbole même de la musique baroque du 18e. Ce compositeur prolifique est le maître de la structure musicale à travers le contrepoint ainsi que de l’architecture en plusieurs voies.

Tandis que quelques siècles plus tard, naquit le californien John Cage, un des plus fervents défenseurs de la musique contemporaine. Il cumule les centre d’intérêt, tantôt philosophe, musicien engagé et compositeur émérite, il n’a de cesse de pousser encore plus loin les champs d’expérimentations et les domaines de réflexions notamment la frontière entre la musique et les autres arts, le statut de la musique dans la société moderne, la frontière entre le bruit et la musique, le naturel et l’artificiel.

Baccage ou Bachcage voilà le titre du spectacle joué par Francesco Tristano. Pour la biographie il suffit d’aller voir son site ou bien Wikipedia. Notons cependant qu’il est passé par la Julliard School qui a vu passé dans ses rangs ni plus ni moins que Miles Davis, Thelonious Monk, Philip Glass…

Tristano est un artiste précoce, il a à peine trente ans et en paraît 10 de moins alors qu’il compte déjà 5 albums au compteur ainsi que des maxi qui reprennent plus ou moins ses œuvres à lui ou encore celles de ses illustres pairs. Ce qui nous intéresse dans ce blog, c’est-à-dire le côté électronique, provient du fait que le luxembourgeois est un adepte de la scène ambiante, voire techno à travers ces diverses associations avec Murcof, Carl Craig, ou Moritz Von Oswald. Du beau monde donc, mais mon degré d’ignorance est tel que cette sortie révèle alors de la pure et simple formalité dans le but de s’ouvrir à un « nouveau monde » qu’est la musique classique et contemporaine.  

 

Lorsqu’on pénètre dans l’antre de l’Arsenal, la bonne surprise est que Francesco n’a pas oublié son matériel (c’eut été un comble pour dire vrai) puisque divers enceintes de taille imposante cernent l’auditeur de part et d’autre de la scène. Le piano est au centre et (o joie !) un synthétiseur couplée au piano via divers câbles et relié à un pc se situant sur le piano. Point de partition, Francesco fait son apparition dans le silence général d’un public déjà réceptif.

Je sens déjà que je vais aimer ce francophone, car le début révèle plus du drône électronique que de la musique classique au sens stricte : il se met à jouer une note puis un accord ronronnant au synthé, le son est modulé puis amplifié dans les enceintes. Voilà donc une très bonne entrée en matière avec une mise en orbite progressive accompagné d’effets pour le moins surprenant puisque Francesco se met à travailler directement sur les cordes-mêmes du piano, en les pinçant il arrive à produire des sons étoffés doté d’un écho hallucinant, un peu à la manière de Cage justement. Le travail numérique est par conséquent totalement présent dans cette première intro d’une dizaine de minutes me semble-t-il bien que cela ait pu durer une heure ou quelques secondes. 

Vient ensuite la partie Bach, celle sans doute la plus convenue mais pas forcément la moins intéressante car Francesco cherche à dissimuler les écarts entre Cage et l’Allemand et sublime donc les morceaux avec un traitement électronique léger apportant une certaine candeur aux menuets et autres… L’aura que dégage ce pianiste est captivante voir troublante, il a le don de rendre sa musique vivante, comme si elle virevoltait tout autour de nous avec espièglerie. La construction « architecturale » typique de Bach prend une toute autre mesure lorsqu’un virtuose le joue soyez en certain. Voir le luxembourgeois jouer devant nous et pour nous crée une sensation intimité entre lui et le public qui ne m’avait alors jamais autant frappé.  

Enfin, la révélation. 15 min intense et de pures folies. Sur l’un des derniers morceaux de Cage, Tristano  se met à frapper sur le cordes à créer des distorsions et de multiples effets via le synthé et l’ordinateur, de l’improvisation pure, novatrice, maîtrisé, et avec encore ce brin de folie. Les percussions se mettent en place, le show électro-acoustique clame premièrement se transforme progressivement en un morceau tumultueux et grandiose où les lignes de basses et de glitchs s’ajoutent au fur et à mesure et contrebalancent les accords de plus en plus effrénés au piano. On se met à frissonner, à délirer tout simplement. Une fièvre nous envahit, le luxembourgeois lui aussi et se lève sur les derniers accords, accentuant sa présence scénique et donne du « corps » à ce concert tout simplement grandiose.

 

Je ne peux pas vous dire quoi que ce soit d’autre à part vous conseiller d’écouter Francesco Tristano au moins une fois ou allez tout simplement le voir, vous ne serez pas déçu du voyage si vous ayez, un tant soit peu, ouvert votre esprit à de nouveaux horizon. Et c’est alors là que se fera la révélation…

 

Raphaël Lenoir

 

La vidéo date un peu mais je ne m'en lasse vraiment pas, j'éspère qu'il en sera de même pour vous:

 


 

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