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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 15:28

Ruby-My-Dear.jpg

Label: AdNoiseam

Date de sortie: Juillet 2012

Genre: Breakcore

 

 

Ainsi donc me voilà à chroniquer du breakcore alors que j'avais mis de coté ce genre il y a quelques années de cela, lorsque la perfection du genre était atteinte par Venetian Snares - mes hongrois préférés – avec leur album tout aussi imprononçable que génial. Cependant il faut avouer que Ruby My Dear ne fait pas du breakcore comme les autres, ce français d'origine (tiens, tiens, tiens....) a choisi pour promouvoir son premier long format, le label tant indépendant qu'indispensable à la scène électronique actuelle, j'ai nommé AdNoiseam.

A la lueur de la pochette et du titre de l'album: Remains Of Shapes To Come on s'attend forcément à un album sombre et froid (pléonasme inutile je le sais bien, mais vu que c'est ma chronique je fais un peu ce que je veux -smiley-), cependant lors de l'écoute on pourra nuancer cette première impression, car le breakcore de RMD n'est pas si occulte et si abstrus que cela.

 

Mieux, on entre dans cette album avant-gardiste dans une sorte de tunnel, j'ai envie de dire, on ne sait pas vers quoi on se dirige mais on avance inlassablement avec cette intro mélodique et un brin mélancolique qui nous projette déjà dans les méandres de notre inconscient. On aura par la suite plusieurs morceaux comme cela, posés avec délicatesse (par rapport au reste de l'album j'entends bien) et très soignés jusqu'au moindre détails et qui feront offices de pauses salvatrices durant l 'écoute de cet album. C'est d'ailleurs là où réside l'intelligence de RMD, dans la structure de cet album où les titres se suivent ne se ressemblent pas mais forment une entité à part entière totalement homogène et qui maintient en haleine l'auditeur sans l'abrutir. En effet dans la plupart des albums de breakcore actuel on ne fait plus qu'envoyer des grosses rythmiques qui tabassent, certes mais qui, à moyen terme, nuit à une écoute prolongée. C'est par cet aspect mélodieux, léger et downtempo que le français se rapproche des travaux de Bonobo ou de Slugabed lorsqu'ils étaient encore au sommet, car à tout moment on a un niveau de détails presque inédit pour ce genre de musique. Il faudra par conséquent une écoute très attentive pour saisir toutes les idée qui regorgent dans cet album, certaines pistes tel Syuma, Pannonica ou encore L.O.M. sont comme des canevas entre glitchs finement ciselées, des thèmes joués au synthé fallacieusement vieilli et des samples très (très, très) variés - allant du reggae aux émissions de série z en passant par du rap - qu'il faudra lentement dénouer afin de comprendre le sens véritable de cette œuvre.

Mais ROSTC reste tout de même un album très viril: Rubber's Head, Karoshi, Monk's Dream, Chazz et j'en passe, envoient (pardonnez moi l'expression, mais il fallait bien ça) le pâté d'sa mère, avec un groove imparable pas loin du drill et du dubtep, un breakcore qui a assurément du pédigrée et qui attaque de tout les front en utilisant toutes les fréquences possibles et imaginables pour vous en mettre plein la vue; des morceaux toujours en mouvement mais qui, cette fois çi, partent à une vitesse folle, quasi insoutenable mais qui bizarrement soulage, voire provoque un certain bien-être; blotti au fond du sofa.

 

Voilà ce qu'il faudra retenir de ce premier essai totalement transformé par RMD: un album racée et toujours en mouvement. L'alternance entre morceaux qui attaquent et bousculent nos pensées et ceux qui les apaisent est très bien pensée et finement exécutée. Difficile de s'ennuyer lors de l'écoute qui fera apparaître au fur et à mesure des éléments inattendu ou que l'on avais pas encore remarqué. Entre downtempo quelque peu éclairé et drill'n bass acharnée, Remains Of Shapes To Come fera figure de référence cette année alors que le genre s'épuisait depuis quelques temps, on a enfin de la musique et non pas du son, Ruby My Dear à travers un mélomane averti, nous quitte d'ailleurs sur ces mots:

« J'aime beaucoup la musique et je suis conscient qu'elle doive suivre certaines évolutions et chercher des nouveaux chemins, des nouveaux moyens aussi pour pouvoir s'exprimer techniquement, mais je pense qu'il y a des moment où on est plus dans la musique, mais dans le son; c'est à dire une onde qui circule dans l'air, qui atteint le tympan et qui a une forte/basse intensité. Pour moi la musique c'est l'harmonie, ça suscite des sentiments; ça élève. Dès qu'on passe une culture du son qui n'élève pas l'être humain, qui le fait ramper à 4 pattes, ou mordre son voisin et ou lui ficher des baffes; pour moi ce n'est plus de la musique. »

A Méditer...

 

 

Raphaël Lenoir

 


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Published by Electronic Diary - dans Divers
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