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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 16:50

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Label: Denovali

Date de sortie: Décembre 2012

Genre: Orchestral / Néoclassical

 

 

Aïe, encore une fois Denovali frappe très fort en cette fin d’année, grâce à la très bonne sortie de Poppy Ackroyd intitulé Escapement, mais surtout grâce à ce double album de The Alvaret Ensemble. Sous ce patronyme fumant et mystérieux à souhait se cachent des chirurgiens du son bien connu : Greg Haines tout d’abord ayant sorti au cours de l’année un bien bel album nommé Digressions et qui ,bien sûr, pour cette occasion s’est mis au piano ; Jan Kleefstra que l’on voit souvent avec un autre membre de sa famille, Romke ayant eux aussi leur quota d’albums de qualités ; le premier s’occupera des poèmes tandis que le second s’occupera de la guitare. Sytze Pruiksma, lui, est moins connu mais s’était déjà une fois allié à Romke et Jan pour créer un album de toute beauté : Deislieper (sorti sous Hibernate). Mais avec ce quatuor de base, s’ajoute Iden Rheinhart ( Strië pour les intimes), violoniste qui avait d’ailleur joué avec Greg pour Digressions ; Peter Broderick , ici violoniste, auteur de pas mal d’albums en compagnie de ce cher Nils Frahm qui lui va s’occuper de la partie vitale de l'oeuvre: le mastering. Il faut encore souligner la présence d’Hilary Jeffery membre du Killimandjaro Darkjazz Ensemble qui s’occupera du trombone. Avec tous ces artistes de 1er choix réunis ensemble pendant 3 nuits dans l'église Grunewaldkirche à Berlin ne pouvaient assurément donner qu’une œuvre de qualité.

Amen.

 

Byd ou comment sombrer déjà dans les ténèbres abyssales de la musique de The Alvaret Ensemble. Une nuit opaque où un voile mystérieux se soulève, la mélodie presque arrêtée du piano, les plaintes du trombone ainsi que la voix doucereuse et sombre à la fois de Jan nous emmène dans de vastes espaces encore inexplorés. Une ambiance très intimiste et très religieuse se répand, les échos de l’église ont un profond sens dans ces élucubrations soniques. Une introspection de l’âme, voilà comment définir cette musique viscérale et envoutante. Une chose, peut-être anodine à la base mais vitale par la suite, me frappe : je m’aperçois que les musiciens ne sont pas maîtres de leur instrument, ce sont les instruments qui dirigent les muscles de leur corps. La musique pour trouver une certaine forme de transcendance doit être jouée ainsi : l’instrument doit être l’homme et non pas l’inverse. Sur Eac, sublime mouvement du piano, rejoins ensuite par les tintements et les frottements légers des percussions puis par les violons et les instruments à vent, on se surprend à planer tant la musique semble légère. Nous y sommes, à la Grunewaldkirsche, là où durant la nuit d’étranges phénomènes se produisent; là où la musique semble prendre vie. Une ambiance surnaturelle s’en échappe…  Chaque morceau sont comme des petites odysées (beaucoup de morceaux dépassent 10 minutes) et chaque fresque raconte son histoire propre en faisant elle-même écho à un autre morceau. De leurs enregistrements, les artistes en ont fait un double album où la 2e partie tout en étant la continuité de la 1ere en diffère quelque peu. Les ambiances sont encore plus fuligineuses, il n’y a plus de mélodies, des notes éparses nous guident alors sur un sentier où toute lumière a disparu. Comme beaucoup de travaux néo-classiques, le silence est d’or : il est sensé nous accompagner dans notre déambulation vers l’inconnu et surtout dans la solitude. Les percussions ne tintent plus, de lourds battements les remplacent, les textes de Jan bien qu’au-delà de notre compréhension ont une certaine résonnance en nous, leur certaine poésie complète celle des instruments. Les sons ont pris le pas sur les accords et cela jusqu’à la toute fin.

 

Encore un sublime album que vient de sortir Denovali, une collaboration qui laissait espérer beaucoup et qui s’est concrétisée en une musique vivante, surgissant de l’obscurité en avançant imperceptiblement.  Un album à écouter de nuit, mais surtout, seul. Un regard sur le ciel étoilé, une question reste alors en suspens : Venons-nous de trouver la mort ?

 

 

 

Denovali

 

Raphaël Lenoir

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Published by Electronic Diary - dans Ambiant
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commentaires

Joseph 12/01/2013 14:20


Denovali est décidemment un excellent label, cette sortie m'avait échappé merci! à écouter également, Pan and Me-Paal sortie en 2012 chez Denovali

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