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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 22:28

Burzum est un extrémiste, un monstre, un démon même, mais voilà Burzum est aussi un génie.

 

On ne peut réhabiliter un homme aux crimes impardonnables. Electronic Diary condamne bien entendu les faits qui lui sont reprochés (invitation à la haine raciale, meurtre, incendies d'église...) Cependant le moment est venu pour nous de vous parler de cet enragé de la musique.  

 

Burzum_by_pavelsedov.jpg

 

Suspecté de préparer un attentat de grande envergure, Varg Vikernes était il y a encore peu à la une de l'actualité française. Le norvégien était le coupable idéal. Un prétexte parfait pour notre ministre de l'intérieur d'occuper le terrain médiatique, et pour nos journalistes de manifester leur incroyable ignorance à l'égard d'une culture qu'ils ne connaissent et ne comprennent pas. Quoi de mieux pour vendre du papier que d'attiser les haines en défigurant une musique et en raillant mouvement ? La suffisance n'a pas de limite, la connerie non plus : «les cons çà osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît».

 

Épuisés par toutes sortes de conventions, nourris par la haine du christianisme, les enfants réprouvés de la sociale démocratie norvégienne fondèrent au début des années 80 un mouvement plus violent encore que le darkmetal : le black metal. Une musique sombre, extrême, dangereuse, mais terriblement innovante. Vikernes fait parti de ces pionniers, instigateurs d'un bouleversement dans le monde de la musique. Burzum est à la musique ce que Céline est à la littérature, un être infâme qui doit son salut uniquement à un talent extraordinaire.

 

La musique du norvégien va rapidement bousculer les dogmes de la scène. Burzum est à contre courant. Il privilégie la lenteur à la célérité, la profondeur à la grandiloquence néoclassique traditionnelle du métal. S'ensuit, une musique plus intense. Les riffs se font d'avantage minimalistes, le son plus brut. Un art tout en progression axé autour d'une harmonie simple qui s’enrichit continuellement de nappes successives de claviers et de guitares. Le chant du norvégien s'éloigne du protocole, il devient écorché, guttural, une sorte de vocifération, appel aux armes et incarnation de l'enfer. Comme si la haine devait lui survivre.

 

Mais le black métal c'est surtout une idéologie obscure et singulière car Burzum n’utilise pas la haine du Christ comme un simple argument de vente destiné à faire croire à des ados pré puberts qu'ils sont subversifs et donc trouver une excuse à leur non intégration. C'est toujours pathétique de vomir une société à laquelle on a renoncé. Les provocations à l'égard du christianisme de la scène métal ont désormais perdu de leur second degré, de leur magie. Elles sont devenues une philosophie malsaine, putride, qu'il faut appliquer pour réveiller une nation scandinave engourdi par des années de progressisme. Une revanche contre le christianisme accusé d'avoir miné le paganisme et la culture viking qui selon Vikernes aurait fait la grandeur de son peuple. Cette aversion sans nom pour la société moderne va lentement le transformer en démon et l'amener à l’inconcevable : brûler des églises, tuer Euronymous (guitariste de Mayhem), défendre Hitler... Mais pourtant c'est cette haine qui rend la musique de Burzum incomparable. Parce que cette haine est sincère et la musique doit la retranscrire avec toute la conviction et la fureur qu'elle génère. Un son brut inspiré par les ténèbres mais lumineux.

 

Jusqu'à ce que la lumière nous reprenne.

 

 

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 11:55

jeff-mills-2.jpg

 

 

Jeff Mills est sûrement l'un des artistes les plus actifs de la seconde vague de Detroit. Il est le fondateur avec Mad Mike du label Underground Resistance. Aussi surnommé The Wizard il est surtout connu pour avoir été le premier DJ à avoir mixé avec 3 disques sur 3 platines en continue lors de ces sets légendaires. Jeff Mills est aujourd'hui devenu une légende, une entité propre dont tout DJ qui se respecte revendique l'influence. Il y a des artistes sans lesquels on ne pourrait imaginer le développement de la techno, Jeff Mills en fait partie !

 

21h, le concert commence ! A ma grande surprise Jeff Mills tout en sobriété se place sur le coté de la scène pour que les spectateurs se concentrent uniquement sur l'objet visuel. L'intro est hypnotique, un mélange entre une electronica cosmique et des textures dub plus voilées et profondes. Il faudra attendre une dizaine de minutes pour entendre le premier kick. La magie se met en place doucement ! Le concept du cinemix est étonnant mais évidemment assez cohérent à la musique du maître qui s'est toujours voulu d'un autre monde. A la manière des pianistes du XIXème siècle jouant et improvisant autour d'un film muet, Jeff Mills construit son mix autour de la pellicule. La musique correspond parfaitement à la video. Devant des images psychédéliques s'amoncelant avec force Jeff Mills pose une Techno Dub et spatiale étonnante d'originalité une sorte de mélange entre Xhin, Ben klock et Tim Hecker. Il est 23h, la force des kick est toujours ascendante, la légende de Detroit sait parfaitement comment tenir en haleine son publique. La puissance des basses augmentera parallèlement au tempo durant toute les 3 heures du show. En outre Jeff Mills fait preuve d'une prouesse technique irréprochable (il ne quittera jamais son casque de la soirée) au moins deux musiques se superposent continuellement, il livre au publique des transitions originales dont il a le secret. Le spectacle dont je suis devenue l'esclave se poursuit toujours avec la même intensité. A 00h les kicks disparaissent pour laisser place à des nappes aériennes qui viennent sonner la fin de l'expérience. Le public reste sous le charme mais hypnotisé par la scène dont il fut le témoin intime. Jeff Mills fait preuve d'une modestie et d'une servitude incroyable et redonne pour plus de 20 min l'opium de son public: sa techno fédératrice au cours d'un rappel tout en passion. A 00h20 le chef d’œuvre de «The Bells» s'achève, l'artiste quitte la scène sous les acclamations d'un publique conquis.

 

Jeff Mills pendant toute la soirée nous aura une nouvelle fois fait preuve de son immense talent à lier les arts pour les sublimer. Sa techno nous aura encore ébloui de sa puissance et de sa force émotionnelle.

 

kartela

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 12:35

Couverture

 

Déjà une année passée avec vous, le blog commence à se faire bien connaître, nous vous en remercions ! 

 

Pour vous souhaiter une heureuse année 2013 qui s'annonce musicalement alléchante, Raphael et moi avons mixé en back to back un set géant de 2h30 reprenant le meilleur de l'année passée.

 

N'hésitez pas a partager le mix ! 

(Disponible aussi sur itunes: )

Tracklist: 
Shifted -Disconnected 
Lachriz - Silmore Siberia 
Tommy Four Seven - Arx 
Emmanuel - Patina (Jonas Kopp Deep Remix) 
Seph - Reflejo 
Pfirter & Grindvik - Untitled 1 (Skudge Remix) 
Quell - The Death Of Frederick V 
Funk D'Void - Masque 
Verge - Simple As Thing (Ian O Donovan Remix)

Darkside - A1 
Ursprung - Exodus Now 
Sascha Funke - Mango 
Christian Loffler - Eleven 
Guy Gerber - The Golden Sun And The Silver Moon 
Fort Romeau - Jack Rollin 
John Talabot - Depak Ine 
John Roberts - Crushing Shells 
Moomin - Beautiful as You Are 
Francis Harris - Pensum (Vinyl Edit) 
Gui Boratto - No Turning Back (Robags Likkalize Love Remix) 
Francesco Tristano - The melody (Carl Craig C2 remix) 
John Jastszebski - Tea Break 
Uner - Love in the rope (Mendo Remix) 
Recloose - Cardiology (Isolee Mix) 
Theo Parrish - Never Let U Go

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 12:36

http://www.seeksicksound.com/wp-content/uploads/2013/01/Bvdub-All-Is-Forgiven-Seeksicksound-Review-300x300.jpg

Label: n5MD

Date de Sortie: Novembre 2012

Genre: Abstract / Ambiant

 

Avec 7 longs formats parus en 2011 et 5 en 2012, le moins que l’on puisse dire est que Broke Van Wey, a.k.a Bvdub est un artiste plutôt prolifique. Pourquoi avoir choisi dans ce cas de chroniquer All is Forgiven, sorti en novembre ? Sans doute parce qu’il marque un certain virage dans la carrière de l’artiste, tout simplement. Sortie sur n5MD, cette dernière release, en attendant encore 2 autres albums qui paraîtront courant janvier et qui viendront rejoindre sa discographie pléthorique, est marquée par des glitchs plus syncopés et plus affirmés à la limite du dub et de l’abstract. On sentait déjà les prémices de ce changement de style sur ces précédents albums, Don’t Say You Know ou Serenity. Grand adepte des nappes ambiantes, l’américain fait désormais appel à des rythmiques plus agressives mais paradoxalement tout aussi légères. Une tendance qui s’affirme avec la venue de A Careful Ecstasy sur Darla Records, dans lequel les rythmes sont encore plus prononcés. Affaire à suivre pour un artiste de grand talent.

 

La longueur des titres n’a cependant subi aucune modification lors de la réalisation de cet album par rapport aux dernières sorties, puisque ce disque est composé de 3 titres de 20 à 30 minutes chacun. Ces durées anormalement longues sont pourtant habituelles chez Bvdub, chaque titre étant une épopée qui peut s’écouter indépendamment des autres. La production est ici entièrement numérique malgré l’utilisation soutenue de pianos et d’instruments à cordes. Les voix sont aussi très présentes dans cette œuvre. Elles sont d’ailleurs principalement féminines, et bien qu’elles soient traitées en tant qu’échantillons et qu’elles n’occupent pas une place prépondérante, leurs échos éthérés rendus méconnaissables et pourtant identifiables entre mille ont un impact particulier lors de l’écoute.

 

Eblouissant, voilà le 1er adjectif qui vient à l’esprit à l’écoute de San Franciscain. Les nappes ambiantes lumineuses donnent le ton de la musique, c’est un véritable ballet qui se déroule dans nos conduits auditifs, là où les différentes strates apparaissent, s’accouplent puis disparaissent en un murmure. Ce phénomène, quand on y prête oreille, est loin d’être anarchique. Il est même extraordinairement bien structuré. Les rythmiques se mettent en place progressivement sur plusieurs minutes, et donnent à la production des reliefs sur lesquels l’auditeur peut grimper et ainsi admirer. On comprend enfin pourquoi le long format sied si bien à Broke : la boucle est ici la seule reine, et se répète inlassablement, jusqu’à l’oubli. Les secondes se transforment et la montre n’a plus d’emprise sur nous. All is Forgiven touche au paradoxe de Zénon : en une seconde il parvient à créer une infinité d’instants, neutralisant par ce fait même le temps. Faire passer le temps : telle n’est pas la vocation de cet album. Son but va bien au-delà. Ne serait-ce d’ailleurs pas la fonction première de la musique ? Celle de nous faire croire qu’elle a vaincu le temps pour nous, alors même que cette joute inexorable que nous menons contre la Nature et ses aiguilles qui tournent aboutit inéluctablement à la défaite ?

 

Cet album marque comme un goût de fin et de renouveau chez Bvdub, une telle maîtrise des rythmes et des atmosphères est chose peu commune ; les échos célestes ont tôt fait de nous subjuguer. Ainsi donc s’achève notre périple, le splendide halo de lumière s’estompant, nous redéposant impitoyablement parmi le commun des mortels.

 

Chronique initialement publiée sur Seeksicksound

 

 

 

Raphaël Lenoir

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 18:07

igorrr.jpg

 

 

Genre; Breackcore

Label; Ad noiseam

Sortie, Decembre 2012

 

 

Igorrr n'est pas seulement la moitié de Whourkr, c'est aussi un artiste à part entière qui nous livre des album-concepts étonnants depuis un certain nombre d'année. Ad Noiseam apparaît aujourd'hui commel Le label de référence quand il s'agit de breackcore et des autres musiques extrêmes.

 

Véritable pamphlet contre l’Église ou bien simple désir de provocation ? Je ne sais pas, la seul chose que je peux affirmer c'est qu'hallelujah a été composé avec un véritable appétit de destruction (qui aurait pu être le titre de l'album, mais Guns N roses l'avait déjà utilisé). La où l'objet est paradoxal c'est que cette destruction dans laquelle il a été forgé s'avère être une «destruction créatrice». En effet, c'est en anéantissant les musiques dites «conventionnelles» que l'artiste produit une nouvelle forme de musique à la fois ravissante, ensorcelante mais surtout bourdonnante et vrombissante avec ça saturation et ça disparité rythmique. En la détruisant, Igorrr embellit, la musique. En déplaise à certain, et surtout à nos parents, le breackcore n'est pas simplement du bruit, c'est une forme d'art à part entière, en témoigne les émotions que ce disque procure. Qu'on aime ou que l'on déteste la musique d'Igorrr ne vous laissera pas indifférent. Certes je conçois très bien que ce genre de musique ne plaira pas aux traditionalistes catholiques et à la grande majorité des gens... Écouter du igorrr en public c'est un peu comme se balader accompagné de Dieudonné dans le Marais, c'est pas interdit mais fortement déconseillé si on ne veut pas se faire remarquer. Mais bon qui peut savoir, demain peut être que Gaspard Proust apparaîtra dans «Rire ensemble contre le racisme» et la musique d'Igorrr captivera nos grands parents. Mais Igorrr n'est pas seulement un provocateur (en témoigne la pochette du disque) il est aussi un artiste gonflé (c'est le mot) d'un humour bien ironique comme le montre le titre «Toothpaste».

 

Ad Noiseam réussit encore son pari. Celui de nous donner toujours une musique rare, de qualité, et terriblement expérimentale. Igorrr Nous livre ici un album hors du commun choquant mais émouvant.

 

Kartela

 

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 15:28

Ruby-My-Dear.jpg

Label: AdNoiseam

Date de sortie: Juillet 2012

Genre: Breakcore

 

 

Ainsi donc me voilà à chroniquer du breakcore alors que j'avais mis de coté ce genre il y a quelques années de cela, lorsque la perfection du genre était atteinte par Venetian Snares - mes hongrois préférés – avec leur album tout aussi imprononçable que génial. Cependant il faut avouer que Ruby My Dear ne fait pas du breakcore comme les autres, ce français d'origine (tiens, tiens, tiens....) a choisi pour promouvoir son premier long format, le label tant indépendant qu'indispensable à la scène électronique actuelle, j'ai nommé AdNoiseam.

A la lueur de la pochette et du titre de l'album: Remains Of Shapes To Come on s'attend forcément à un album sombre et froid (pléonasme inutile je le sais bien, mais vu que c'est ma chronique je fais un peu ce que je veux -smiley-), cependant lors de l'écoute on pourra nuancer cette première impression, car le breakcore de RMD n'est pas si occulte et si abstrus que cela.

 

Mieux, on entre dans cette album avant-gardiste dans une sorte de tunnel, j'ai envie de dire, on ne sait pas vers quoi on se dirige mais on avance inlassablement avec cette intro mélodique et un brin mélancolique qui nous projette déjà dans les méandres de notre inconscient. On aura par la suite plusieurs morceaux comme cela, posés avec délicatesse (par rapport au reste de l'album j'entends bien) et très soignés jusqu'au moindre détails et qui feront offices de pauses salvatrices durant l 'écoute de cet album. C'est d'ailleurs là où réside l'intelligence de RMD, dans la structure de cet album où les titres se suivent ne se ressemblent pas mais forment une entité à part entière totalement homogène et qui maintient en haleine l'auditeur sans l'abrutir. En effet dans la plupart des albums de breakcore actuel on ne fait plus qu'envoyer des grosses rythmiques qui tabassent, certes mais qui, à moyen terme, nuit à une écoute prolongée. C'est par cet aspect mélodieux, léger et downtempo que le français se rapproche des travaux de Bonobo ou de Slugabed lorsqu'ils étaient encore au sommet, car à tout moment on a un niveau de détails presque inédit pour ce genre de musique. Il faudra par conséquent une écoute très attentive pour saisir toutes les idée qui regorgent dans cet album, certaines pistes tel Syuma, Pannonica ou encore L.O.M. sont comme des canevas entre glitchs finement ciselées, des thèmes joués au synthé fallacieusement vieilli et des samples très (très, très) variés - allant du reggae aux émissions de série z en passant par du rap - qu'il faudra lentement dénouer afin de comprendre le sens véritable de cette œuvre.

Mais ROSTC reste tout de même un album très viril: Rubber's Head, Karoshi, Monk's Dream, Chazz et j'en passe, envoient (pardonnez moi l'expression, mais il fallait bien ça) le pâté d'sa mère, avec un groove imparable pas loin du drill et du dubtep, un breakcore qui a assurément du pédigrée et qui attaque de tout les front en utilisant toutes les fréquences possibles et imaginables pour vous en mettre plein la vue; des morceaux toujours en mouvement mais qui, cette fois çi, partent à une vitesse folle, quasi insoutenable mais qui bizarrement soulage, voire provoque un certain bien-être; blotti au fond du sofa.

 

Voilà ce qu'il faudra retenir de ce premier essai totalement transformé par RMD: un album racée et toujours en mouvement. L'alternance entre morceaux qui attaquent et bousculent nos pensées et ceux qui les apaisent est très bien pensée et finement exécutée. Difficile de s'ennuyer lors de l'écoute qui fera apparaître au fur et à mesure des éléments inattendu ou que l'on avais pas encore remarqué. Entre downtempo quelque peu éclairé et drill'n bass acharnée, Remains Of Shapes To Come fera figure de référence cette année alors que le genre s'épuisait depuis quelques temps, on a enfin de la musique et non pas du son, Ruby My Dear à travers un mélomane averti, nous quitte d'ailleurs sur ces mots:

« J'aime beaucoup la musique et je suis conscient qu'elle doive suivre certaines évolutions et chercher des nouveaux chemins, des nouveaux moyens aussi pour pouvoir s'exprimer techniquement, mais je pense qu'il y a des moment où on est plus dans la musique, mais dans le son; c'est à dire une onde qui circule dans l'air, qui atteint le tympan et qui a une forte/basse intensité. Pour moi la musique c'est l'harmonie, ça suscite des sentiments; ça élève. Dès qu'on passe une culture du son qui n'élève pas l'être humain, qui le fait ramper à 4 pattes, ou mordre son voisin et ou lui ficher des baffes; pour moi ce n'est plus de la musique. »

A Méditer...

 

 

Raphaël Lenoir

 


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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 12:58

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Label: Ultimae

Date de sortie: Avril 2012

Genre: Psy-trance

 

Avec Random Friday, Magnus Bigersson opérant sous le pseudonyme de Solar Fields, signe là son 11e long format et le 10e à être publié via Ultimae Records, fin label Lyonnais. Le Suédois a acquéri  au fil des ans une certaine expérience de la scène ambiante et a été choisi il y a quelques temps déjà par le studio Dice pour composer la bande son du très célèbre jeu video Mirror’s Edge. Homme très ouvert d’esprit, le natif de Göteborg  aime élargir le concept de la musique ambiante qui peut, selon lui, être à la fois joué sous sa couette mais aussi sur le dance-floor. Il nous a donc gratifié par le passé de productions tant downtempo qu’uptempo : on parle dans ce cas de Psy-trance. Random Friday sorti fin avril est de ce calibre-là.

 

Light Control est une intro comme seul Solar Fields sait les faire: à la limite du drône industriel. Mais le grondement sourd et continu va laisser progressivement sa place au beat profond et précis du maestro scandinave. L’album démarre réellement lors de son titre éponyme, les minutes qui précédaient ce morceaux n’était au fond qu’une mise en bouche délicate et finement délicieuse.

On sent alors le rythme s’instiller autour de nous, cette énergie débordante qu’a doté Solar Fields a ses morceaux est un pur régal, ils font tous bien parti dans la veine ambiant psytrance chère au suédois qu'il avait  développée sur son album EarthShine. Les détails sont époustouflants de précision et d’onirisme, on est embarqué dans un monde où Magnus est l’unique créateur et maître. Nous sommes en présence d’un univers aux ambiances indescriptible où les étés et hivers s’entremêlent et, tandis que les grands espaces verdoyant baignés de lumières aux couleurs encore inconnues défilent devant nous, la tension et le relâchement sont tous deux à leurs paroxysme : nous sommes ainsi, conscient qu’aucune évasion n’est possible, mais nous sommes aussi dans un état d’hébétude profond, incapable de comprendre les éléments nous entourant bien qu’essayant de les analyser. Le beat s’est emparé de nous définitivement sur In Motion et il ne cessera d’exercer son emprise qu’à la fin de Polarity. Même si cette oeuvre apparaissait au premier abord comme dépouillé ; la masse de détails nous a cependant finalement submergé pendant son écoute et les différentes lignes de mélodies éthérées se sont accumulées sur les pistes sans que l’on ne le réalise vraiment et n’en forment qu’une, accentuant notre incompréhension. On finit debout, estomaqué par ce dernier drône polaire qui se fait le plaisir de nous donner le coup de grâce. Le paradis de Bigersson s’estompe enfin, nous revoici dans le triste monde réel.

 

Random Friday est à n’en pas douter une odyssée hors du commun, inhumaine par les ambiances et les peintures qu’elle véhicule. Son seul trait humain provient de son géniteur, le génialissime Solar Fields qui a su encore une fois (après l’excellent downtempo Until We Meet The Sky sorti l’an passé) changer totalement d’univers dont la complexité n’a d’égale que sa clarté. Un album dansant pour certain, un album déroutant pour tous, une perle quoi!

 

Raphaël Lenoir

 

Beatport 



 

 

 


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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 17:33

 

portico-quartet.jpg

 

 

Genre: Nu-Jazz

Label: Real World

Date: 2012/30/01

 

Avec leur album éponyme Portico Quartet est sans surprise un quatuor de nu-jazz comprenant un saxophoniste: Jack Wyllie , un pianiste: Duncan Bellamy, un contrebassiste Milo Fitzpatrick et ce qui fait l'originalité de ce groupe: un manipulateur du hang (ce fameux instrument à percussion utilisé entre autre par Radiohead) : Kier Vine.

Je vois déjà votre question venir: Quid de l'électro?

Ne vous inquiétez pas elle figure en bonne proportion dans cet album par l'utilisation des divers samples ainsi que des arrangements Ils avaient déjà frappé très fort fin 2009 avec Isla, mais il enchainent sur ce nouveaux long format sortis fin janvier sur le label Real World.

 

L'album s'ouvre sur le titre Window Seat très bon titre drone soutenue par de jolies cordes frottées, ces sonorités nous rappellent vaguement un croisement entre Tim Hecker et Daniel Lopatin avec moins de talent il faut le reconnaître. Qu'importe puisqu'après cette introduction soignée, vient un enchainement de morceaux superbes où aucun d'entre eux n'est à jeter car Portico Quartett arrive, avec talent, à faire partager leur émotions à travers cette pièce de chambre. On a toujours dis que le jazz était vieu jeu, mais franchement, je n'ai jamais compris pourquoi... On assiste plutôt ici à une démonstration du groupe qui mélange avec brio les instruments digitaux et les échantillions variés avec les instruments acoustiques, classiques au genre. Cette finesse dans la production se remarque dès Ruine jusqu'à City of Glass où durant ces instants de spleen infini jamais l'ennui ne viens nous guetter, grâce à la beauté de ce saxophone à couper le souffle (non, non, pas de vilain jeu de mots ici) couplée à la très jolie contrebasse qui arriverait presque à descendre dans les infrasons.

 

Ce disque est aussi entrecoupé de plusieurs interludes, parfois cachées comme sur l'intro de Rubidium, mais elle participent tout autant que les autres pistes à la cohésion quasi-parfaite de ce long format situé entre Jazz Moderne et Ambiant. Trace, après 40 minutes de rêverie profonde, clôture l'album de la même manière qu'il avait commencé: à travers une douce balade dans les prés par temps de pluie.

Le groupe étant généreux, il nous offre l'un des meilleurs morceaux de l'album en téléchargement gratuit:

http://realworldrecords.com/pqruins

 

Allez, un like cela n'est pas cher payé avec une production de cette qualité!

 

Raphaël Lenoir

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 20:03

                                       endtroducing.jpg

Genre: Abstract Hip Hop

Label: Mo’ Wax

Date: 1996/11/19

Eh bien, eh bien…  je ne vois pas de meilleur CD pour commencer ma carrière de chroniqueur que celui de DJ Shadow, nommé très justement Endtroducing…  Vieux me direz-vous, très ; et vous n’auriez sans doute pas tort, mais croyez-moi, ce chef d’œuvre en vaut vraiment le coup. Sa première mise en vente a été effectué à la fin des années 1996 sur le défunt label Mo' Wax; une réédition « deluxe » a été depuis commercialisé en 2005 mais qui, de mon point de vue, n’amène rien à la version originelle juste magnifique.
Première œuvre samplée de bout en bout sans interruption, Endtroducing c’est ce savant mélange entre Abstract Hip Hop (ou Trip Hop pour les nouveaux nerds), Jazz, Soul et parfois Ambiant comme sur la track 3 en 1 « Stem/Long Stem/Transmission 2 » avec cette harpe, ce violon et ce clavier venu de nulle part. Assurément l’un des plus beaux morceaux de cet album sans oublier l’hypnotique Building Steam With a Grain Of Salt (il m’arrive encore souvent de fredonner les chœurs de ce morceau inconsciemment dans la journée). Parfois psychédélique, parfois dansant mais jamais lassant, DJ Shadow à ce don si rare de provoquer un tourbillon d’émotions chez l’auditeur ; au fur et à mesure de l’écoute on sombre dans ce rêve éveillé, cette transe qui ne se terminera pas avant la dernière note de la Transmission finale. 
Endtroducing, ne l’oublions pas, reste un album avec de fortes racines hip-hop, on remarque sans surprise que le compositeur est un formidable beat-maker et l’agencement des sample ainsi que la précision et l’efficacité du beat reste l’un des points fort du disque. La technique de DJ Shadow est mise en valeur mais pas trop en nous gratifiant de quelques scratchs/effets çà et là et c’est sans doute pour le meilleur (combien d’album ais-je dû écouter pendant que les scratchs omniprésents « bousillait » purement et simplement la mélodie ?)
Cette galette sortie il y a plus  de 15 ans fait toujours autant vibrer et elle vieillira très bien au sein de votre discothèque. DJ Shadow a réussi un pari insensé à l’époque : celui de faire un disque composé entièrement de samples. Comme quoi le recyclage a du bon !
Raphaël Lenoir
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